Sensibilisation sur les activités des Chambres Africaines Extraordinaires à Moissala Reviewed by Momizat on . Moissala (Tchad), 25 juin 2016 Pour la première fois, l’équipe de sensibilisation sur les Chambres africaines extraordinaires (CAE) s’est rendue à Moissala, dan Moissala (Tchad), 25 juin 2016 Pour la première fois, l’équipe de sensibilisation sur les Chambres africaines extraordinaires (CAE) s’est rendue à Moissala, dan Rating: 0

Sensibilisation sur les activités des Chambres Africaines Extraordinaires à Moissala

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Moissala (Tchad), 25 juin 2016

Pour la première fois, l’équipe de sensibilisation sur les Chambres africaines extraordinaires (CAE) s’est rendue à Moissala, dans la région du Mandoul, le 25 juin 2016. L’équipe est arrivée sous une pluie battante. Là, attendaient plusieurs centaines de victimes venues de Ngalo, Bouna, Koyo et des villages environnants qui ont connu, en 1984, les répressions dites de « Septembre noir ».

Avant de commencer la séance, une minute de silence a été observée pour honorer la mémoire des victimes. Puis le Dr Gilbert Maoundonodji, coordonnateur des activités de sensibilisation sur les CAE au Tchad, a retracé les étapes de ce combat pour la justice, mené depuis vingt-cinq ans. Il a rappelé le processus entamé dès le dépôt des premières plaintes à Dakar en 2000, les plaintes en Belgique et les péripéties ayant conduit à la création des CAE.

Ses propos étaient traduits par Adrien Begoto, représentant du point focal de la coalition des organisations de la société civile relais des activités de sensibilisation. Mais les regards du public sont déjà fixés sur le tableau de projection. Un cri s’échappe alors, lorsque Hissein Habré apparait à l’écran dans sa tenue blanche et lunettes sombres, qui sont interprétées comme une injure à l’égard des victimes.

Parole aux victimes

A la fin de la projection, la parole est donnée à l’assistance. Hawa Solkem Tatala, visiblement en colère, témoigne : « À cause de Hissein Habré, ma mère est défunte et je suis paralysée jusqu’à présent. Vous savez, [Muammar] Kadhafi qui a traité son peuple en bon père même a fini atrocement ; alors pourquoi donner tant d’importance à ce sanguinaire ? »

Puis vient le tour de Djimbaye Ndilndo, du village de Koyom : « J’avais 14 ans quand des hommes m’ont ligoté et tabassé. J’ai passé deux mois en prison et j’ai vu douze personnes tuées en ma présence. Suite à mes tortures, je suis handicapé à vie. Quand je vois Hissein Habré porté comme un colon et bien habillé, je me dis que cette juridiction se moque de nous. Car cet individu ne mérite pas tout ce que vous faites pour lui. »

Les victimes se sont relayées tour à tour, soit pour exprimer leur ressentiment, soit pour s’indigner, soit pour poser des questions sur l’appel, le procès en civil et la réparation.

A ces interrogations, Gilbert Maoundonodji a apporté des éléments de réponse. « Il n’y a pas de prison dorée, a-t-il précisé. Hissein Habré a été arrêté et jugé. Même si on le déchire en mille morceaux, ce n’est pas la solution. Le fait qu’il soit privé de sa liberté, c’est déjà une sanction. » Il souligne que sa condamnation est un message fort adressé aux dirigeants actuels et futurs du Tchad, et partant de toute l’Afrique. « Ils ne pourront plus continuer à commettre les crimes internationaux les plus graves et à vivre impunément. »

Cette journée de dialogue avec les victimes de Moissala s’est terminée à la nuit tombée. Elle a vu la participation de plus de 700 hommes et femmes, dont la majorité était venue des villages environnants. Dans cet endroit, les victimes directes et indirectes, venues nombreuses, se sont moins intéressées qu’ailleurs aux aspects pécuniaires de la réparation ; mais leur souhait reste celui de la vengeance contre un ancien président qu’ils souhaitent voir subir la peine de mort.

Le Consortium

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