Rencontre avec les habitants du Wadi Fira, au Nord-Est du Tchad Reviewed by Momizat on . [caption id="attachment_40413" align="aligncenter" width="650"] Projection d'un résumé en image du procès à Biltine (Nord-Est du Tchad), mardi 15 mars 2016.[/ca [caption id="attachment_40413" align="aligncenter" width="650"] Projection d'un résumé en image du procès à Biltine (Nord-Est du Tchad), mardi 15 mars 2016.[/ca Rating: 0

Rencontre avec les habitants du Wadi Fira, au Nord-Est du Tchad

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Projection d’un résumé en image du procès à Biltine (Nord-Est du Tchad), mardi 15 mars 2016.

Biltine (Tchad), 15 mars 2016

Située à une centaine de kilomètres au Nord d’Abéché, la localité de Biltine, chef-lieu du Wadi Fira, est la première étape de cette nouvelle tournée de sensibilisation. Un mois après les plaidoiries finales et dans l’attente du verdict, le 30 mai prochain, la sensibilisation s’éloigne des principaux centres urbains pour toucher la population tchadienne vivant dans les zones plus éloignées.

Dans cette phase d’attente pour les populations tchadiennes, le consortium de sensibilisation poursuit son travail. Pour permettre au public de voir et comprendre le procès conduit à Dakar par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), il a réalisé une nouvelle vidéo qui en résume les temps forts, en 45 minutes : l’ouverture des audiences, les centres de détention à N’Djamena, les répressions dans le Sud, contre les Hadjaraï, contre les Zaghawa et, enfin, les plaidoiries finales.

Près de 100 personnes étaient rassemblées dans l’amphithéâtre de l’Ecole de santé et des affaires sociales de Biltine. Composé majoritairement d’étudiants et de professeurs, le public va tout au long des débats pointer les dimensions politiques de ce procès et interroger, plus largement, les enjeux de la justice internationale.

Des motifs légitimes d’arrestation ?

Etudiant en histoire, Abakar salue la création des CAE mais se demande s’il n’y avait pas des motifs légitimes d’arrêter certains des témoins au procès. En réponse, Hélène Morvan, coordinatrice des activités pour le consortium précise que « quelques que soient les motifs de ces arrestations, certaines pratiques sont condamnables : l’usage de la torture, les exécutions sommaires sans procès ou les répressions perpétrées contre l’ensemble d’une communauté pour sanctionner les faits commis par des individus. »

Un autre participant s’interroge : « Les victimes ont exprimé leurs griefs pendant le procès. Cependant, je suis convaincu que pour un réel soulagement, il faut poursuivre les complices de Hissein Habré ». Si un jugement a eu lieu à N’Djamena en 2015 permettant de condamner vingt anciens agents de l’ex direction de la documentation et de la sécurité (DDS), cette procédure ne semble pas satisfaire le public.

Quel est le rôle de l’Occident ?

D’autres interpellations fusent : « Il faudrait aussi juger la France et les Etats-Unis qui ont soutenu le régime de Hissein Habré. » « Pourquoi la Cour pénale internationale (CPI) ne juge que des chefs d’Etat africains ? » « Est-ce que les Africains peuvent dire ‘non’ à la CPI ? » L’experte du consortium rappelle que les CAE, tribunal pénal, ne peuvent juger que des responsabilités individuelles et des crimes commis durant le régime Habré. Ses complicités occidentales ont été évoquées au procès, et font l’objet de nombreux travaux d’historiens ou de journalistes complémentaires de ce travail de justice pénale.

L’experte rappelle le combat mené par les associations tchadiennes de victimes sans qui ce procès n’aurait pas eu lieu. Toute cette semaine, les projections du film résumé du procès, suivies de débats, se poursuivent à l’Est et au Centre du Tchad.

Le Consortium

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