Rencontre avec les habitants du Guera, au Centre du Tchad Reviewed by Momizat on . Mongo (Tchad),13 et 14 janvier 2016 La deuxième étape de la tournée de la sensibilisation au Tchad s’est arrêtée ce mercredi 13 janvier à Mongo, dans le Guera ( Mongo (Tchad),13 et 14 janvier 2016 La deuxième étape de la tournée de la sensibilisation au Tchad s’est arrêtée ce mercredi 13 janvier à Mongo, dans le Guera ( Rating: 0

Rencontre avec les habitants du Guera, au Centre du Tchad

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Mongo (Tchad),13 et 14 janvier 2016

La deuxième étape de la tournée de la sensibilisation au Tchad s’est arrêtée ce mercredi 13 janvier à Mongo, dans le Guera (Centre), pour informer les habitants de cette région particulièrement touchée par les répressions contre la communauté Hadjaraï. Des échanges organisés avec la population après projection d’une vidéo sur le procès de Hissein Habré devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE).

Environ 200 personnes s’étaient rassemblées dans la salle de la Maison des jeunes et de la culture de Mongo, située près du marché, très animé le mercredi. Durant les 40 minutes de projection d’un résumé des premières semaines du procès, la salle se remplissait progressivement, des jeunes, des anciens et même de très jeunes enfants s’asseyaient par terre faute de places assises.

Une des premières préoccupations, soulevée par un père de famille, concernait le traitement des crimes commis dans le Guera par le tribunal de Dakar. « Pourquoi l’on parle autant de Septembre noir, qui a été un événement terrible dans le Sud, et pas de ce qui s’est passé ici au Guera ?», s’interroge Abdoulaye. « Il est vrai que les crimes du Sud ont été largement évoqués durant le procès, mais les crimes commis dans le Guera ont également été traités », précise Franck Petit, expert en communication pour le consortium de sensibilisation sur les CAE. Il cite notamment deux expertises médico-légales effectuées sur les charniers de Gadjira et de Madja, non loin de Mongo, et les témoignages d’au moins quatre personnes venues de la région déposer durant le procès, notamment sur les répressions perpétrées contre la population Hadjaraï à compter de mars 1987.

« Peut-on réparer les morts ? »
Les réparations étaient au centre des préoccupations. L’un des participants interpelle ainsi la sensibilisation : « Y a t-il une méthode prévue pour réparer tous ceux qui sont morts ? » L’expert du consortium décrit les modes de réparations prévues par le statut des CAE. Celles-ci, précise-t-il, n’interviendront éventuellement qu’après un verdict de culpabilité, s’il est prononcé contre l’accusé. « Bien entendu, on ne pourra jamais faire revivre les morts. Les réparations peuvent être financières ou matérielles. Dans des villages ou des endroits marqués par les crimes, des lieux de mémoire ou un monument peuvent être construits par exemple. Des mesures peuvent aussi être prises pour prendre en charge les personnes touchées, sur le plan de la santé ou de l’éducation des enfants. » À Dakar, des biens du l’ancien président ont été saisis ajoute-t-il, mais ils seront insuffisants pour dédommager l’ensemble des victimes. Un fonds pour les victimes est prévu par le statut des CAE mais celui-ci doit encore être alimenté par des États ou par des contributeurs privés pour pouvoir fonctionner.

À la fin de la journée, le procureur général de Mongo, venu assister aux débats, a remercié la sensibilisation sur les CAE pour ses efforts d’information auprès de la population du Guera. Le consortium a promis de revenir, après les plaidoiries finales prévues pour la semaine du 8 février 2016 à Dakar, pour montrer un résumé en images complet du procès. Le débat est complété par une séance de dialogue le jeudi, avec des victimes de Mongo et de la région.

Le Consortium

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