Sur les radios tchadiennes : questions directes autour des CAE Reviewed by Momizat on . N’Djamena, 23 ; 26 mars 2014 L’équipe de sensibilisation a été invitée à deux émissions de radio, pour répondre en direct aux questions que se pose le grand pub N’Djamena, 23 ; 26 mars 2014 L’équipe de sensibilisation a été invitée à deux émissions de radio, pour répondre en direct aux questions que se pose le grand pub Rating: 0

Sur les radios tchadiennes : questions directes autour des CAE

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N’Djamena, 23 ; 26 mars 2014

L’équipe de sensibilisation a été invitée à deux émissions de radio, pour répondre en direct aux questions que se pose le grand public tchadien sur les Chambres africaines extraordinaires (CAE) : « Dimanche Chez Nous », sur la station privée Radio FM Libertés ; et « Signe des temps » sur la radio nationale ONRTV.

Les deux émissions portaient sur le thème « Les Chambres Africaines Extraordinaires, un tournant pour la justice pénale en Afrique. Quelle contribution pour l’Etat de Droit ? ». La parole était ouverte aux experts et aux auditeurs. En participant à ces émissions, le Consortium souhaite susciter le débat sur les CAE d’une part mais aussi expliquer les phases du procès, les droits des victimes, leurs attentes ainsi que les droits des accusés. Interactives, ces émissions ont permis aux auditeurs d’entrer en contact avec les invités. Les questions étaient posées en direct à l’antenne, par téléphone. Il s’agit de toucher le plus grand nombre et de comprendre leurs préoccupations et leurs attentes vis-à-vis des CAE.

Invité à l’émission « Dimanche chez nous », le procureur général des CAE Mbacké Fall a explicité le rôle, l’organisation et le fonctionnement des Chambres et fait le point sur l’état actuel du processus judiciaire. Il a décrit l’objectif de la troisième commission rogatoire internationale des CAE, qui justifiait sa présence sur le terrain au Tchad lors de l’émission.

« Le procès n’est pas loin »

« Comment voyez-vous l’avenir de ce procès ? », l’a interpellé le présentateur. « Dans la phase d’exploration, a expliqué le procureur général, nous avons diligenté une expertise pour l’authentification des archives ; nous avons vérifié la concordance entre ce qui est écrit dans le dossier et les éléments de réponse fournis verbalement par les victimes ; nous sommes partis en Belgique pour avoir la copie du dossier de M. Hissein Habré et la commission rogatoire est venue trois fois au Tchad, une quatrième commission est envisageable, si les moyens financiers nous le permettent, pour réunir des éléments essentiels pour que le procès ait lieu. Le procès n’est pas loin. »

« La sensibilisation, cela consiste en quoi ? » « Il s’agit essentiellement de faire un surcroit d’effort, d’allé vers les gens pour leur parler du procès, a précisé Franck Petit, expert en communication du Consortium. Il s’agit également de tirer des leçons des difficultés des procès tenus à La Haye pour traiter des crimes commis en ex-Yougoslavie, des expériences de sensibilisation mieux réussies du Tribunal spécial pour la Sierra Léone, et du tribunal international pour le Rwanda où les procès se déroulent à 2.000 kilomètres de la population. Informer la population sur ce qui se passe est très important. »

« Pour la première fois, un tribunal international africain a été créé, quel est l’enjeu ? » « Cette procédure est avant tout importante pour lutter contre l’impunité, pour mettre en œuvre la justice et servir d’exemple, a répondu Hugo Jombwe, expert en droit international pour le Consortium de sensibilisation. En créant les CAE, l’Afrique a pris les devants, ce qu’elle n’avait pas fait au moment de la création des autres tribunaux à caractère international initiés par l’Onu. L’enjeu est important pour l’Afrique et au-delà pour la lutte contre l’impunité des grands leaders dans le monde. »

Plusieurs auditeurs sont intervenus pour dire qu’ils ne croient toujours pas à la tenue de ce procès, vu que les victimes ont attendu 23 ans le procès et continuent d’attendre. D’autres ont critiqué ouvertement la constitution de l’Etat tchadien en tant que partie civile, alors que pour eux il n’a rien fait durant toutes ces années. L’un d’eux estime que cela risque d’entraver le travail des juges et que « le procès ne sera ni juste ni équitable ». Plusieurs auditeurs ont aussi interrogé le Consortium sur l’indemnisation des victimes à l’issue du procès.

« Les CAE feront leur travail avec impartialité et ne seront pas influencés, a souligné Gilbert Maoundonodji, expert en sciences politiques du Consortium. L’existence des CAE est une innovation de l’Afrique pour que les Africains soient jugés par les Africains pour servir d’exemple aux individus qui pensent qu’ils sont au-dessus de la loi. »

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