Entretien avec Me Yaré Fall, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes de crimes et répressions politiques (AVCRP) et du Réseau des associations des droits de l’homme au Tchad (RADHT) Reviewed by Momizat on . Me Yaré Fall, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes de crimes et répressions politiques (AVCRP) et du Réseau des associations des droits de l’ Me Yaré Fall, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes de crimes et répressions politiques (AVCRP) et du Réseau des associations des droits de l’ Rating: 0

Entretien avec Me Yaré Fall, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes de crimes et répressions politiques (AVCRP) et du Réseau des associations des droits de l’homme au Tchad (RADHT)

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Me Yaré Fall, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes de crimes et répressions politiques (AVCRP) et du Réseau des associations des droits de l’homme au Tchad (RADHT).

Question n° 1 : Décrivez votre parcours…

Mon cursus est tout à fait classique. Cela m’a amené à faire une maîtrise en droit en 1981, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Aussitôt après, j’ai travaillé dans le secteur des affaires pendant dix ans pour finalement faire le concours d’entrée au barreau en 1990. Depuis lors, j’exerce la profession d’avocat. Dès le départ, je me suis engagé dans le domaine des droits de l’homme et dans ce secteur, j’ai pu acquérir une expérience extrêmement importante par les formations, les séminaires, etc. Cela m’a valu aujourd’hui d’être inscrit sur la liste des conseils de la Cour pénale internationale. Je suis aussi inscrit sur la liste des Conseils du tribunal spécial pour le Liban. Je suis également sur la liste des conseils de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Je suis présentement aussi le président de la section sénégalaise d’Avocats sans frontières et je suis l’un des vice-présidents de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme.

Question n° 2 : Quel est votre rôle en tant que représentant des intérêts des parties civiles ?

Je ne défends pas toutes les victimes devant les Chambres africaines mais deux organisations de victimes, en l’occurrence le Réseau des associations des droits de l’homme au Tchad (RADHT) et l’Association des victimes de crimes et répressions politiques (AVCRP) au Tchad. La caractéristique principale dans ce dossier est le nombre de victimes, il y en a des milliers. Le statut qui régit les Chambres africaines et qui renvoie au code de procédure pénal du Sénégal dit que toute personne qui se sent victime des crimes qui sont poursuivis devant ce tribunal peut se constituer partie civile. Vous imaginez que l’on ne peut pas recevoir la constitution de parties civiles de milliers de personnes. Le texte a donc prévu qu’il y ait une représentation commune légale, un avocat qui va représenter des  associations de victimes. Donc le rôle de l’avocat des parties civiles, dans ce procès, c’est de représenter leurs intérêts mais également de les défendre et d’être l’interlocuteur entre la cour et les victimes, de présenter leurs demandes, de les défendre et de faire tout pour que la vérité se manifeste. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que la vérité éclate et que ces crimes dont les victimes ont souffert puissent être jugés, et le préjudice qui en a résulté réparé.

Question n° 3 : Quelles traces les CAE vont-elles laisser dans l’histoire ?

Un pas important a été franchi : c’est la première fois qu’un chef d’Etat est jugé en Afrique par un tribunal qui a été créé par des Africains. Cela est un appel très fort pour tous ceux qui sont en ce moment à la tête des Etats. L’impunité n’a plus place dans ce monde actuel. Tous les actes qui relèvent de ces crimes considérés comme les plus graves pourront toujours, un jour ou l’autre, être poursuivis. Ce sont des crimes qui sont imprescriptibles quelle que soit l’époque, quel que soit le temps, quelle que soit la personne, quel que soit le pays aussi. Il y a trente ans, personne ne pouvait penser qu’un jour Hissein Habré pourrait faire l’objet d’un procès en dehors de son pays, ici au Sénégal, par des juges sénégalais. Aujourd’hui, c’est une réalité. Je crois que c’est le plus important.

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