Entretien avec Me Assane Dioma Ndiaye, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes des crimes du régime Hissein Habré (AVCRHH) Reviewed by Momizat on . Me Assane Dioma Ndiaye, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes des crimes du régime Hissène Habré (AVCRHH). Question n° 1 : Décrivez votre parc Me Assane Dioma Ndiaye, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes des crimes du régime Hissène Habré (AVCRHH). Question n° 1 : Décrivez votre parc Rating: 0

Entretien avec Me Assane Dioma Ndiaye, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes des crimes du régime Hissein Habré (AVCRHH)

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Me Assane Dioma Ndiaye, Avocat conseil sénégalais de l’Association des victimes des crimes du régime Hissène Habré (AVCRHH).

Question n° 1 : Décrivez votre parcours…

Je suis inscrit au barreau depuis 1988. J’ai également une carrière de militant des droits de l’homme, qui m’a poussé vers la défense des victimes de façon générale, des victimes de violation des droits humains. Je me suis investi, depuis mon inscription au barreau, dans le militantisme. Je suis chargé de mission à la FIDH. Mon parcours m’a poussé à m’investir sur le plan international. Je suis également avocat à la Cour pénale internationale où je suis impliqué dans un certain nombre de dossiers. Sur le plan local, j’ai eu à défendre beaucoup de victimes de tortures, de jeunes filles violées, toutes les causes qui touchent à des violations des droits humains. Sur le plan international, j’ai été rapporteur des droits de l’homme de beaucoup de pays africains. Donc j’ai une expérience à la fois dans le domaine de l’avocature, dans le domaine du militantisme où j’ai eu à engranger à ce jour une très grande expérience, et ceci fait que quand l’affaire s’est présenté, l’affaire Hissein Habré, d’abord en qualité du président de l’Organisation nationale des droits de l’homme à l’époque et aujourd’hui président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme, je me suis investi.

Question n° 2 : Quel est votre rôle en tant que représentant des intérêts des parties civiles ?

Je fais partie d’un collectif dont Me Moudeïna, qui en est la principale avocate et est basée à N’Djamena, avec ses collègues Me Delphine (Djiraibe) et Me Lambi (Soulgan). Nous avons, en Belgique, Me Beauthier, en France Me William Bourdon, en Suisse Me Werner. Je joue un rôle de coordination et je reçois tous les actes destinés aux avocats et qui sont domiciliés à mon cabinet ici à Dakar, et j’informe à la minute près mes confères. Je suis amené à m’informer, à passer au niveau des Chambres pratiquement tous les jours pour avoir des nouvelles, à consulter les dossiers, et quand il s’agit également de recevoir des rapports d’expertise qui nécessitent des observations. Tout cela nécessite beaucoup de diligence, si bien que, pour répondre à votre question, je suis pratiquement l’avocat, la cheville ouvrière des avocats de la défense des victimes aujourd’hui.

Question n° 3 : Quelles traces les CAE vont-elles laisser dans l’histoire ?

Pour la première fois un continent, à travers l’Union africaine, décide d’instituer un tribunal ad-hoc régional destiné à juger un ex-président. La volonté politique est de faire en sorte que l’Afrique puisse juger ses propres fils dans la mesure du possible, évidemment sans remettre en cause l’universalisme, nous faisons partie de l’univers, nous sommes partis à un certain nombre de traités devant la Cour pénale internationale. Il y avait une concurrence de compétences (avec) la Belgique, et le Sénégal avec le soutien de l’Union Africaine a accepté de prendre en charge ce dossier. L’importance et l’enjeu c’est de montrer à la face du monde que l’Afrique est capable de juger ses propres fils, mais dans le respect des principes internationaux, des standards en matière de procès, la justice, l’équité, le respect des droits de la défense. Aujourd’hui, si l’Afrique arrivait à travers les Chambres africaines à faire tenir ce procès de cette façon, je pense que ce sera un grand pas pour l’entrée de l’Afrique dans l’histoire juridique internationale, dans la justice pénale internationale.

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