Échanges à Bongor : les CAE faibles avec Habré ? Reviewed by Momizat on . [caption id="attachment_40302" align="aligncenter" width="640"] Rencontre avec la société civile et des victimes à Bongor, le 18 janvier 2016[/caption] Bongor ( [caption id="attachment_40302" align="aligncenter" width="640"] Rencontre avec la société civile et des victimes à Bongor, le 18 janvier 2016[/caption] Bongor ( Rating: 0

Échanges à Bongor : les CAE faibles avec Habré ?

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Rencontre avec la société civile et des victimes à Bongor, le 18 janvier 2016

Bongor (Tchad), 18 janvier 2016

La sensibilisation sur les Chambres africaines extraordinaires (CAE) a poursuivi ce lundi sa tournée vers le Sud du Tchad avec une première étape à Bongor, dans le Mayo-Kebbi Est, pour une rencontre avec la société civile et un débat public. Victimes et représentants d’associations ont empli le matin la salle du Centre de lecture et d’activités culturelle (Clac) de Bongor.

La projection des images des deux premières semaines du procès était cette fois présentée par Hélène Morvan, qui remplace Hugo Jombwe au poste de coordinateur des activités dans l’équipe de sensibilisation sur les CAE. « En voyant ces images, nous pouvons croire que nous avons gagné le procès », se réjouit le tout premier intervenant, Fadel, président de l’Association locale des diplômés sans emploi.

« Pourquoi cette faiblesse de la cour ? »

Mais le silence de Hissein Habré, pointé par l’intervenant suivant, continue d’interpeller fortement l’assistance à Bongor. Abdoulaye, pour sa part, se demande « pourquoi on le laisse enturbanné comme ça ? » Déosilas, de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, au vu de la façon dont l’accusé se comporte devant la cour en « se faisant transporter en héros » et en refusant de s’exprimer malgré les ordres des magistrats, se demande s’il n’est pas « au-dessus des lois », et s’interroge : « Pourquoi cette faiblesse de la cour ? »

Hélène Morvan rappelle qu’effectivement Hissein Habré refuse de participer à son procès depuis le début, mais qu’il est bien présent et que c’est contraint et forcé qu’il doit s’asseoir chaque matin d’audience au premier rang du tribunal de Dakar. Elle estime qu’il n’est pas forcément très héroïque de se faire porter lorsque l’on est un ancien président et que, pour de nombreuses victimes venues à Dakar, il s’agissait d’une grande victoire de le voir ainsi forcé d’assister à son propre procès.

Necka Soua, journaliste à la Radio Terre Nouvelle de Bongor, est invité à partager son expérience du procès Habré, auquel il s’est rendu pour le couvrir à plusieurs reprises. Il était à Dakar lorsque Kadidja Hassan Zidane, dite la rouge, a déclaré le 20 octobre 2015 à la barre avoir été violée par Hissein Habré en personne. Elle était venue avec une photo d’elle de l’époque pour que l’accusé la reconnaisse. « Ses mouvements de pieds, sa façon de détourner la tête et de remonter son turban montrent sa gêne à ce moment-là », dit Necka Soua.

« Il s’agit bien de lui »

Des doutes semblent toujours planer pour certains sur l’identité de l’homme qui porte le turban. « Les CAE, rappelle l’expert en communication du consortium de sensibilisation, ont placé Hissein Habré en détention provisoire depuis le mois de juillet 2013 et toutes les vérifications d’identité ont été faites à ce moment là par les policiers sénégalais. Et ses supporters viendraient-ils s’il s’agissait d’un autre ? Il n’existe aucun doute sur le fait qu’il s’agit bien de lui. »

L’après midi, la sensibilisation s’est retrouvée au Lycée Jacques Moudeina pour une projection dans un amphithéâtre comble, où du brouhaha des collégiens et des lycéens a fusé de nombreuses questions sur, notamment : le type de responsabilité d’Hissein Habré dans les crimes commis au Tchad durant son régime ; la condamnation qu’il encourt ; les raisons pour lesquelles l’actuel président du Tchad n’a pas été poursuivi par les CAE ; le pourquoi de cette concurrence judiciaire entre la Belgique et le Sénégal pour le juger.

La journée s’est conclue pour l’équipe du consortium par une émission en direct sur les antennes de Radio Terre Nouvelle, la radio communautaire locale très écoutée, où les auditeurs étaient invités à poser à leur tour des questions sur le procès Habré.

Le Consortium

 

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