Du scepticisme à l’espoir pour les OSC à Sarh Reviewed by Momizat on . Sarh, 29-30 septembre 2014 « Hissein Habré sera-t-il jugé ou non ? » doute tout haut, à l’ouverture de l’atelier organisé par le Consortium avec les organisatio Sarh, 29-30 septembre 2014 « Hissein Habré sera-t-il jugé ou non ? » doute tout haut, à l’ouverture de l’atelier organisé par le Consortium avec les organisatio Rating: 0

Du scepticisme à l’espoir pour les OSC à Sarh

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Sarh, 29-30 septembre 2014

« Hissein Habré sera-t-il jugé ou non ? » doute tout haut, à l’ouverture de l’atelier organisé par le Consortium avec les organisations de la société civile (OSC) de Sarh, le directeur de la station communautaire locale, radio Lotikô. « Les gens sont fatigués de parler de cela. Ça a trop duré. Quoi qu’il arrive Hissein Habré va mourir vieux, est-ce que cela vaut la peine ? »

Intégré au sein du panel d’organisations mobilisées autour de la sensibilisation sur les Chambres africaines extraordinaires (CAE) dans cette capitale régionale située au Sud du pays, le directeur de radio Lotikô comme les représentants d’organisations expriment tout d’abord, sans hésiter, leur scepticisme concernant l’issue de la procédure initiée à Dakar. De nombreuses questions concernent également le dédommagement des victimes, à l’issue d’un éventuel procès. Ici comme à N’Djamena, à Moundou et à Mongo, à l’invitation du Consortium de sensibilisation des OSC de femmes et de jeunes sont venues se joindre aux organisations de défense des droits de l’homme et des victimes.

« Ces inquiétudes sont compréhensibles, car effectivement bien peu de choses ont avancé depuis la fin du régime d’Hissein Habré, on leur a dit plusieurs fois que la procédure avait démarré, et les victimes ont souvent été déçues, admet Hugo Jombwe, expert en droit international. Maintenant, vous pouvez leur dire une chose dans le cadre de votre sensibilisation de ces publics : nous n’avons jamais été aussi prêt d’arriver au but, et un très important travail a été réalisé tant aux CAE que dans les enquêtes nationales conduites au Tchad en parallèle. Les enquêtes devraient se terminer à la fin de l’année, et l’on peut estimer qu’un procès pourra démarrer au mois de mars ou d’avril 2015. »

« La fenêtre d’opportunité est en effet inédite, ajoute Franck Petit, expert en communication pour le Consortium de sensibilisation. Pendant près d’un quart de siècle, rien ou presque n’avait bougé dans la poursuite des crimes commis sous le régime d’Hissein Habré. Depuis un an, un an et demi, un pas de géant a été franchit, tant au Sénégal où un changement de régime a permis aux CAE de démarrer leurs activités, qu’au Tchad où la coopération judiciaire avec les CAE a été bien réelle et où 21 personnes ont  été renvoyées pour un éventuel procès, le 3 septembre dernier. La fenêtre s’est ouverte, et le temps n’est plus d’espérer ou de désespérer mais de participer, d’agir pour les associations. Si l’on ne peut encore rien garantir, il semble aujourd’hui fort probable que dans quelques mois nous serons ici pour commenter le procès. »

Pour les participants, jamais une telle formation ne leur a été donnée auparavant. « Nous avons reçu beaucoup d’information, ça nous dynamise. Cela témoigne que nous, victimes  des crimes commis sous le régime d’Hissein Habré, ne sommes pas oubliées », déclare Sylvie Allah Toroum, de la Cascidho. En effet pour beaucoup, le dossier faisait partie du passé. En reparler ne servait à rien.

« L’affaire était enterrée, on va aller rassurer la population »

Pour le représentant régional de l’APLFT, Adimadji Otoïbé, « c’est une affaire qui a commencé de longue date, pour nous l’affaire était enterrée, mais l’on ne peut plus dire cela après ce que l’on a appris ici. On va aller rassurer la population ».  Avec la création ces CAE, l’espoir renaît. Voir Hissein Habré et ses complices répondre de leurs actes devant les tribunaux est une chose tant souhaitée. « Après ce que j’ai appris en deux jours, j’y crois. Je pensais que c’était une affaire classée » souligne Georgine Neloumta de la Celiaf. Longtemps, les jeunes ont été ignorants de cette histoire du Tchad. Désormais, la jeunesse commence à se sentir concernée. Ceci a amené Beassoum Djirakenan, de la  Coalition des jeunes, à reconnaître qu’« au début de l’atelier je suis venu avec beaucoup d’attentes, j’ai eu réponse à mes inquiétudes. Nous avons une caravane qui va circuler dans les régions et informer les jeunes qui sont des victimes indirectes ».

Le Consortium

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