Dialogue au Tchad : « Depuis longtemps, nous attendions cette occasion » Reviewed by Momizat on . N’Djamena, 22 Mars 2014 Cette journée de dialogue avec des victimes de crimes relevant de la compétence des Chambres africaines extraordinaires (CAE) est la pre N’Djamena, 22 Mars 2014 Cette journée de dialogue avec des victimes de crimes relevant de la compétence des Chambres africaines extraordinaires (CAE) est la pre Rating: 0

Dialogue au Tchad : « Depuis longtemps, nous attendions cette occasion »

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Dialogue avec des victimes : « Depuis longtemps, nous attendions cette occasion »

N’Djamena, 22 Mars 2014

Cette journée de dialogue avec des victimes de crimes relevant de la compétence des Chambres africaines extraordinaires (CAE) est la première d’une série des 100 journées prévues dans le cadre des actions de sensibilisation, à N’Djamena  et à l’intérieur du pays. Ces moments de rencontre auront lieu durant toute la procédure, pour recueillir les questions et les préoccupations à fin de restitution aux CAE.

« Depuis longtemps, nous attendions cette occasion », s’est exclamée une victime de tortures commises à la DDS, la police politique en activité de 1982 à 1990 au Tchad. Cette journée de dialogue, organisée dans la capitale N’Djamena, fut l’occasion d’un face à face riche en échanges entre les victimes et leurs représentants et les membres du Consortium de sensibilisation. Une opportunité très attendue pour dire de vive voix les inquiétudes et poser des questions.

Cette journée de dialogue était animée par quatre experts. Le procureur général des CAE Mbacké Fall avait été invité – en fin de journée – en tant que représentant du ministère public. Parmi les experts, un psychologue tchadien, Frédéric Mackodte. Son rôle a été d’appuyer, en cas de besoin, les participants afin de leur donner des pistes sur les attitudes personnelles à adopter dans l’attente d’un éventuel procès, pour gérer cette attente, pour gérer la distance, les émotions – et les possibles déceptions.

Une femme a indiqué recevoir des appels téléphoniques anonymes, en provenance de Dakar, tard dans la nuit. Elle a peur et elle se demande que faire. « Votre peur est un sentiment normal, lui a dit le psychologue, parce qu’elle porte le traumatisme, vous fait revivre les moments dur. Le partage du contenu des appels vous libère, mais surtout il est important pour vous de garder le courage d’espérer qu’un jour la justice vous soit rendue. » Le procureur général des CAE a noté les numéros de téléphone et lui a précisé la procédure à suivre pour engager des poursuites contre les auteurs de ses appels.

« L’instruction n’est pas terminée, porter plainte reste possible » 

« L’instruction n’est pas encore terminée, a rappelé Gilbert Maoundonodji. Les victimes qui n’ont pas encore porté plainte peuvent le faire par une simple lettre adressée au procureur ou par l’intermédiaire d’avocats des victimes. » Hugo Jombwe, expert en droit international, a expliqué que les juges d’instruction des CAE étaient déjà venus trois fois au Tchad pour effectuer leurs enquêtes. « Les CAE sont au travail. Et c’est à la fin de l’instruction, a-t-il ajouté, qu’ils décideront si la personne inculpée sera jugée ou pas. Si les victimes ne sont pas d’accord sur les crimes pour lesquels les inculpés feront l’objet de poursuites, elles peuvent saisir la chambre d’accusation, et porter plainte pour d’autres crimes. Au cours du procès, ceux qui ont été entendus comme témoins durant l’enquête peuvent être rappelés, cette fois pour témoigner à la barre. »

Durant cette journée, de nombreuses questions ont été posées sur les réparations, le calendrier possible de mise en procès des auteurs de crimes, sur les possibilités toujours ouvertes pour tous ceux qui n’ont pas encore porté plainte, sur la constitution de l’Etat Tchadien en tant que partie civile, sur les suspects arrêtés au Tchad parallèlement aux procédures des CAE, dont certains ont été libérés, depuis, par la justice tchadienne… Les questions qui ne trouvent pas de réponses ont été consignées et transmises aux CAE.

En fin de journée, après avoir répondu à quelques questions de l’assistance, le procureur Mbacké Fall a invité les participants à garder courage, dans l’espoir, a-t-il dit, que le procès aura lieu dans un proche avenir. Il a eu une pensée pour les personnes décédées et a souhaité « santé et longue vie aux survivants pour qu’ils assistent au procès ». Le procureur a souligné que le procès sera retransmis en direct sur les ondes pour une large diffusion. L’objectif des CAE est de « combattre l’impunité, l’injustice » a-t-il conclu.

Le Consortium

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