Journalistes tchadiens : « Les yeux et les oreilles du public » Reviewed by Momizat on . N’Djamena, 25-26-27 mars 2014 Les journalistes jouent et joueront un rôle déterminant dans la couverture médiatique des Chambres africaines extraordinaires (CAE N’Djamena, 25-26-27 mars 2014 Les journalistes jouent et joueront un rôle déterminant dans la couverture médiatique des Chambres africaines extraordinaires (CAE Rating: 0

Journalistes tchadiens : « Les yeux et les oreilles du public »

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N’Djamena, 25-26-27 mars 2014

Les journalistes jouent et joueront un rôle déterminant dans la couverture médiatique des Chambres africaines extraordinaires (CAE). Les journalistes des principaux organes de presse tchadiens, dont dix étaient venus de province, ont participé à trois journées d’information avec le Consortium de sensibilisation, destinées à leur donner les outils méthodologiques et pratiques pour couvrir un procès, organisé à distance, sur des crimes internationaux.

« Les journalistes sont le noyau dur pour la couverture médiatique des activités de sensibilisation ; mais surtout pour un éventuel procès », a dit Gilbert Maoundonodji, coordonnateur des activités au Tchad, à l’ouverture de la formation. Durant trois jours, les journalistes ont pu échanger avec les intervenants du Consortium sur les thématiques suivantes : « Les CAE, histoire, mandat et fonctionnement », avec Hugo Jombwe, expert en droit international ; « Le rôle des médias dans un grand procès, intérêt et enjeux spécifiques », avec Franck Petit, expert en communication. « Etat des lieux de la participation des victimes, des associations en présence au Tchad, enjeux pour le Tchad », avec M. Maoundonodji.

D’autres sujets centraux ont été abordés : « Interviewer des victimes, pourquoi et avec quelles précautions ? » ; « Accès à l’information, droits et devoirs des journalistes » ; « Les droits de la défense, composante essentielle d’un procès équitable » ; « Les enjeux de la coopération judiciaire » ; « Les moments clés d’un procès, comment couvrir ? » Ces ateliers d’échange ont été intercalés par des reportages de terrain, dans les quartiers de N’Djaména, dont la Plaine des Morts, dans les locaux du Pool judiciaire tchadien et avec des plaignants, venus de province pour s’enregistrer comme partie civile.

Les échanges ont été très riches, les journalistes posant de nombreuses questions et partageant leurs points de vue par rapport à ce qu’ils appellent « l’affaire Hissein Habré ». Certains indiquent subir des pressions, dans des régions du pays où des personnalités proches du régime précédent continuent d’avoir de l’influence. Beaucoup s’interrogent et émettent des doutes, en particulier sur la tenue effective d’un procès aux CAE, sur son utilité après vingt-quatre années d’attente, sur la volonté politique du Tchad et du Sénégal.

Absence de lieu de mémoire

Dans leurs reportages, les journalistes ont pointé l’absence de lieu de mémoire, notamment à la Plaine des Morts, qui est l’un des sujets les plus embarrassants pour les rescapés et les familles des victimes de la DDS qui y ont été enterrées. Ces personnes ne comprennent pas pourquoi les autorités laissent les populations construire des maisons sur ce site pourtant symbolique. Certaines souhaitent qu’un jour, ces maisons soient démolies au profit de la construction d’un monument.

Après les trois journées d’atelier, plusieurs journalistes ont assuré se sentir plus à l’aise pour couvrir un sujet sur lequel ils faisaient parfois l’impasse, a déclaré l’un d’eux, « par peur des représailles d’anciens agents de la DDS restés au pouvoir ». Ils s’estiment mieux armés pour chercher la vérité, dénoncer les pratiques malsaines liées à ce dossier, et couvrir un éventuel procès de façon plus équilibrée en tenant compte des points de vue de toutes les parties à la procédure.

Les intervenants ont insisté auprès des journalistes afin qu’ils équilibrent leurs reportages, autant que possible, qu’ils collaborent pour des médias privés ou publics, pour la radio ou pour la presse. Qu’ils recoupent systématiquement les témoignages avant de les publier et n’oublient pas qu’ils sont les yeux et les oreilles d’un public par définition traversé par tous les points de vue et toutes les opinions. Les journalistes restent en contact avec le Consortium, qui organise un suivi de cet atelier afin de faciliter leur travail, leur mise en réseau avec leurs collègues sénégalais, de façon neutre et indépendante.

Le Consortium

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