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Après le verdict, débat à l’université Cheik Anta Diop à Dakar

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Pour Gilbert Maoundonodji, si l’on regarde le verre à moitié plein les attentes des Tchadiens ont été comblées.

Dakar (Sénégal), le 1er juin 2016.

L’amphi n° 4 de la Faculté des Sciences juridiques et politiques à l’université Cheikh Anta Diop s’est progressivement rempli, mercredi 1er juin, d’étudiants attentifs au débat organisé après le verdict rendu dans le procès de M. Hissein Habré, par le consortium de sensibilisation sur les Chambres africaines extraordinaires (CAE) et l’Institut des droits de l’homme et de la paix (IDHP). Il s’agissait du troisième rendez-vous organisé avec les étudiants sénégalais pour échanger sur ce procès.

Après la condamnation à perpétuité rendue par la chambre africaine extraordinaire d’assises dans l’affaire Hissein Habré, lundi 30 mai, la série d’échanges et de réflexions organisée par le consortium s’est poursuivie autour du thème « Procès de M. Hissein Habré devant les CAE : un verdict très regardé en Afrique ». Le débat était modéré par le professeur Samba Thiam, qui a rappelé en ouverture les motifs de condamnation de l’ancien président du Tchad : crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture. « La cruauté et l’ampleur des crimes écarte toute circonstance atténuante », a-t-il souligné.

« Protéger les faibles des puissants »

Martien Schotsmans, juriste et directrice de RCN Justice & Démocratie, a dans un premier temps détaillé à l’attention des étudiants les éléments du verdict lu à l’audience par le président de la chambre d’assises, Gberdao Gustave Kam. Grâce à ce procès, « l’Afrique n’est pas absente du rendez-vous de l’histoire en matière de répression des crimes internationaux, dans le cadre du développement d’une société pacifique, pour protéger les faibles vis-à-vis des puissants que sont les hommes politiques », a estimé à sa suite le spécialiste en droit international et professeur à l’université Cheikh Anta Diop, Mamadou Yaya Diallo. « Nous passons de l’ère de la souveraineté domination à celle de la souveraineté responsabilité », a-t-il ajouté.

Pour Gilbert Maoundonodji, responsable des activités de sensibilisation au Tchad, « nous sommes aujourd’hui dans une situation de verre à moitié plein et à moitié vide ». La création des CAE après une longue série de péripéties politico-judiciaire, le fait de voir « l’homme connu au Tchad comme le lion devenu tout petit », et l’exemplarité de la décision permettent de dire que les attentes des Tchadiens ont été comblées. Toutefois, ajoute le docteur en sciences politiques, « Hissein Habré n’aurait pas dû se retrouver seul devant les CAE ». Par ailleurs, « le fait de voir hier le ministre de la Justice sénégalais évoquer la possibilité d’une grâce » ternit le sentiment de cette victoire historique du droit.

Modèle de sensibilisation « exemplaire »

L’expert en communication du consortium, Franck Petit, s’est pour sa part félicité du modèle de sensibilisation « exemplaire » mis en œuvre par les CAE, qui a permis de rapprocher ce tribunal des populations « bien plus que beaucoup d’autres tribunaux internationaux ». Revenant sur les doutes exprimés par les Tchadiens avant le procès, il a souligné la forte attention qu’ils y portent aujourd’hui. En témoigne l’affluence aux projections publiques du consortium. « Si les CAE ont obtenu ce résultat positif, a-t-il estimé, c’est grâce au fait que le procès était filmé et retransmis, à la présence forte des médias tchadiens et sénégalais, à la durée raisonnable du procès, et au fait que nous avons pu aller dans les provinces rencontrer victimes et populations. »

La presse sénégalaise s’est faite un large écho de ce débat à l’université, où les étudiants en droit ont montré un vif intérêt pour le sujet, qui fera sans doute l’objet de nombreux mémoires durant la prochaine année universitaire 2016-2017, au Sénégal et ailleurs.

Le consortium

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