À Sarh, les victimes attendent des indemnisations Reviewed by Momizat on . [caption id="attachment_40527" align="aligncenter" width="650"] La sensibilisation dialogue avec des victimes à Sarh (Tchad), le 24 juin 2016.[/caption] Sarh (T [caption id="attachment_40527" align="aligncenter" width="650"] La sensibilisation dialogue avec des victimes à Sarh (Tchad), le 24 juin 2016.[/caption] Sarh (T Rating: 0

À Sarh, les victimes attendent des indemnisations

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La sensibilisation dialogue avec des victimes à Sarh (Tchad), le 24 juin 2016.

Sarh (Tchad), 24 juin 2016

Pour sa troisième escale dans son périple dans le Sud du Tchad, l’équipe de sensibilisation sur les Chambres africaines extraordinaires (CAE) fait escale à Sarh, la capitale du Moyen-Chari. De nouveau, un large public a répondu présent.

Ce vendredi matin, plus de 300 personnes se sont rassemblées au Centre Don Bosco de Sarh pour participer à la session de dialogue organisée pour des victimes de crimes commis durant le régime de l’ancien président Habré, condamné le 30 juin dernier à la réclusion à perpétuité. Les participants seront plus de 500 l’après-midi, pour une projection débat ouverte à tous les publics.

L’appel : difficile à accepter

Après la projection d’un résumé filmé du procès, les échanges s’engagent avec les victimes. L’annonce d’un appel, déposé le 10 juin par les avocats commis d’office pour la défense de Hissein Habré, est difficile à accepter. « Nous pensions que le verdict du 30 mai était le verdict final. Pourquoi les Chambres africaines font ce nouveau va et vient ? » interpelle l’un.

Hélène Morvan, coordonnatrice des activités de sensibilisation, souligne que la possibilité de faire appel est un droit de la défense. Actuellement, précise-t-elle, le recrutement des magistrats d’appel est en cours. Leur nomination est prévue pour octobre. Puis ils disposeront de sept mois pour prononcer un jugement définitif. Contrairement au procès d’assises, qui considère principalement les faits reprochés à l’accusés, il s’agira en appel de déterminer si le procès en première instance a bien respecté les règles de droit.

Des réparations individuelles

Les victimes qui s’expriment à Sarh réclament des réparations individuelles. « La torture était individuelle et si les chambres octroient des réparations collectives, il s’agira d’une deuxième torture », lance une participante. Avant d’ajouter : « Nous ne voulons pas que les réparations servent à construire des écoles. Les victimes n’ont plus l’âge d’aller à l’école. »

Au lendemain du premier verdict, une procédure dite « au civil » a été enclenchée. Les associations qui représentent les parties civiles ont déposé leurs demandes en matière de réparations. Une décision sera rendue avant le 31 juillet. Sa mise en œuvre, toutefois, restera suspendue à une décision d’appel. Un ancien détenu s’interroge sur la possibilité pour la cour d’évaluer le degré de préjudice subi. « Il n’est pas possible d’évaluer la souffrance des gens, dit-il. » Hélène Morvan acquiesce. Les réparations visent à apporter une reconnaissance et un soulagement mais n’apporteront pas une solution à l’ensemble des conséquences des crimes.

Pour Pierre Adoumbaye Dam, un membre de l’association des victimes des crimes du régime de Hissein Habré (AVCRHH), « même si c’est 10 ou 5 dollars, chaque victime doit bénéficier d’une réparation ». Il demande que les pays qui ont soutenu l’ancien président du Tchad contribuent à ce fonds. Si cela répond aux attentes des victimes, l’octroi de réparations individuelles laisse cependant présager de difficultés pour mobiliser les financements, évaluer les préjudices et distribuer les indemnisations.

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